Pierre-Claude
Sarrazin

106e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1729 ; sociétaire en 1729 ; retraité en 1759.

Destiné dès son enfance à la prêtrise, il abandonne l'état ecclésiastique pour suivre une comédienne de campagne dont il s'est épris. Après avoir joué à Saint-Ouen sur le théâtre de société du duc de Gesvres, il débute à la Comédie-Française dans Œdipe de Corneille. Son intelligence et sa sensibilité font bonne impression à la cour comme à Paris et il est aussitôt reçu pour les rois de tragédie et les pères nobles de haute comédie. Il remplace bientôt dans cet emploi le vieux Baron qui disparaît la même année. Pendant trente ans, il tient le devant de la scène, excellent dans le pathétique, mais manquant de vigueur dans les rôles de guerriers. Tout en lui reprochant de « réciter les vers comme on lit la gazette », Voltaire lui confie de nombreuses créations : le rôle-titre de Brutus, Zamti dans L'Orphelin de la Chine, Lusignan dans Zaïre, Alvarès dans Alzire, Zopire dans Mahomet, Narbas dans Mérope, César dans La Mort de César et Philippe Humbert dans Nanine. C'est aussi Sarrazin qui crée avec succès le rôle de Baliveau dans La Métromanie de Piron.
À la fin de sa carrière, il a perdu beaucoup de ses moyens physiques, en particulier sa voix. Il quitte la Comédie en 1759 avec une confortable retraite.