Singulis

Seuls-en-scène : pratiques de comédiens solistes à la Comédie-Française

LA PRATIQUE THÉÂTRALE DU SOLO est relativement récente à la Comédie-Française. Depuis le XVIIe siècle, l’institution se définit d’abord en tant que troupe de comédiens dont la dimension collective prime sur l’expression des individualités. Samuel Chappuzeau dans son Théâtre François le souligne dès 1674, comparant les troupes théâtrales à des « corps » politiques, comme autant de petites « Républiques ». Des comédiens, il dit qu’« ils n’admettent point de supérieur, le nom seul les blesse ; ils veulent tous être égaux, et se nomment camarades. » La devise de la Comédie-Française, Simul et Singulis (être ensemble et être soi-même), qui apparaît en 1682, assortie de l’emblème à la ruche bourdonnante, caractérise cette philosophie où chacun contribue par son talent propre à l’œuvre collective.

Point de solo… mais des solistes

Si la pratique du spectacle seul-en-scène n’est pas de mise, le « solo » que constitue le monologue est fort attendu du public et, parfois, mis en scène pour faire apparaître le protagoniste dans toute sa splendeur et en contraste avec le reste de la Troupe. Il s’agit là d’un effet du système de vedettariat qui émerge nettement au XIXe siècle.
Les pratiques solistes se développent le plus souvent en dehors de l’activité du théâtre. Les comédiens, dans des tournées personnelles programmées parfois sans égard pour les intérêts de la Comédie-Française – Talma, Rachel... ont pu partir en laissant leurs camarades en difficulté – emmènent leurs malles de costumes, mais recrutent sur place comparses et décors de fortune pour jouer les grandes scènes de leur répertoire. La représentation s’apparente alors à un récital de morceaux choisis, propre à mettre en valeur l’acteur dont le talent est d’autant mieux affirmé qu’il évolue aux côtés de comédiens de seconde zone, si ce n’est d’amateurs.
Le texte monologué se développe véritablement à la fin du XIXe siècle, grâce aux frères Coquelin mais reste aujourd’hui encore une exception. La devise, Simul et Singulis, résume à elle seule l’indispensable paradoxe pour un acteur de Troupe.

  • Visuel : ruche, gravure Guillaumot fils
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SAISON HORS LES MURS

JANVIER - JUILLET 2026

La Salle Richelieu fermant pour travaux le 16 janvier, la Troupe se produira dès le 14 janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle aura pour point fixe le Théâtre de la Porte Saint-Martin et le Petit Saint-Martin et sera présente dans 9 théâtres partenaires : le Théâtre du Rond-Point, l’Odéon Théâtre de l’Europe, le Théâtre Montparnasse, le Théâtre Nanterre-Amandiers, le 13e art, La Villette-Grande Halle et le Théâtre du Châtelet.

Les 20 spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

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