Cécile
Sorel

339e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1901 ; sociétaire en 1904 ; retraitée en 1933.

Céline Seurre, dite Cécile Sorel, débute au café-concert, prend des leçons de Maria Favart, Delaunay, Febvre, joue Orphée aux enfers d'Offenbach, en 1889, à l’Éden Théâtre et passe sur les scènes les plus diverses avant de se retrouver, à force de travail et de volonté, sur celles de l'Odéon d'abord et de la Comédie-Française ensuite, en 1901.

Le critique Gustave Larroumet lui apprend ce qu'il faut savoir et bientôt son esprit naturel et sa beauté, alliés à un talent réel, la font triompher dans les rôles de grandes coquettes qu'elle tient avec autorité. La Comtesse du Mariage de Figaro, Elmire de Tartuffe, Jacqueline du Chandelier, Marianne des Caprices de Marianne et surtout Célimène du Misanthrope sont les rôles où elle se révèle brillante, spirituelle, charmeuse. Célimène restera son « cheval de bataille », tandis qu'elle triomphe aussi dans La Mégère apprivoisée (d'après Shakespeare), Marion Delorme (Victor Hugo) et dans les comédies contemporaines d'Henry Bataille (Poliche), Henry Lavedan (Le Marquis de Priola), Maurice Donnay (L’Autre danger), Francis de Croisset (Le Paon), Paul Hervieu (Notre jeunesse)... Doña Clorinde, de L'Aventurière (Émile Augier), la Baronne d'Ange du Demi-monde d'Alexandre Dumas fils, Fanny Legrand dans Sapho d'Alphonse Daudet, autant de rôles qu'elle marque de sa forte personnalité.
Extravagante, vivant dans le luxe et l'éclat, elle est prête à toutes les excentricités pour faire parler d'elle et se conduit comme une star exigeante et capricieuse, ce qui ne convient pas toujours à la discipline de la Comédie-Française. En 1933, elle reprend sa liberté pour faire carrière au music-hall, après une fracassante soirée d'adieux au cours de laquelle elle joue L’Aventurière en compagnie de son mari, le comte de Ségur. On se souvient du célèbre “L'ai-je bien descendu ?”, lancé au bas de l'escalier du Casino de Paris. Ses prestations à l'Alcazar, à l'Alhambra, à Bobino ne l'empêchent pas néanmoins de rejouer des rôles sérieux, comme Sapho au théâtre Sarah-Bernhardt, Madame Capet au Gymnase en 1941, tandis qu'elle interprétait encore Célimène en 1938 au théâtre Antoine. En 1944 à l'Atelier, elle joue Le Roi Christine, publie des livres de souvenirs et un ouvrage consacré à Adrienne Lecouvreur. Elle fait des conférences à l'Université des Annales et ailleurs.

Celle qui fit scandale en brisant le verre protégeant une caricature de Bib qu'elle ne trouvait pas à son gré, celle qui emmenait en tournée le lit de la du Barry et qui exhiba un sein nu à 60 ans au Casino de Paris, exprime en 1950 son désir d'entrer dans le tiers-ordre franciscain. C'est vêtue de la robe blanche des franciscaines – dessinée pour elle, il est vrai, par un grand couturier – qu'elle passe les dernières années de sa vie. Elle meurt en 1966, plus que nonagénaire.
Elle a fait peu de cinéma : La Tosca avec Le Bargy pour le Film d'art, Les Perles de la couronne de Sacha Guitry, en 1937, et quelques discrètes apparitions dans des productions de moindre importance.

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