Joséphine
Mezeray

202e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1791 ; sociétaire en 1799 ; retraitée en 1816.

Fille du limonadier de la Comédie-Française, installé rue Molière (actuelle rue Rotrou), sous les arcades du futur théâtre de l'Odéon, elle débute en 1791 dans les rôles de Lucile, des Dehors trompeurs de Boissy et de Zéneïde de Cahusac. Jolie et intelligente, elle joue Rosine dans Le Barbier de Séville, La Coquette corrigée de La Noue, La Fausse Agnès de Destouches...

Sa nonchalance et sa dissipation entravent malheureusement sa carrière. Incarcérée en 1793, elle partage avec Mademoiselle Lange le traitement de faveur qui leur permet de tenir salon dans la maison de santé de Belhomme. Après sa libération, elle joue sur les théâtres Feydeau et Louvois et reste dans la troupe réunie en 1799, à titre de sociétaire. Elle se contente, la plupart du temps, de doubler Mademoiselle Contat dans l'emploi des grandes coquettes, lorsque celle-ci s'absente de Paris, et crée quelques rôles dans les comédies du temps. Sa beauté supplée à son manque de sensibilité et surtout de travail.

L'âge venant, on lui demande de prendre aussi l'emploi des « mères nobles ». En 1814, devant son incapacité à changer d'emploi et à corriger ses défauts, notamment une voix de tête devenue désagréable, le Comité demande sa mise à la retraite. Celle-ci est effective en 1816, après la représentation d'adieu d'usage.

N'ayant plus de riches protecteurs pour subvenir à ses besoins de luxe, Mademoiselle Mézeray se laisse aller à la boisson et meurt en 1823 dans une maison de santé.