Lucinde
Paradol

236e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1819 ; sociétaire en 1823 ; retraitée en 1838.

Chanteuse d'opéra et d'Opéra-comique, elle se produit à Lyon, à Marseille et à Paris avant d'être engagée à la Comédie-Française, pour « remplacer » Mademoiselle George. Sa beauté sculpturale et son maintien majestueux impressionnent favorablement le public qui acclame ses débuts dans Sémiramis de Voltaire. Mais elle n'a ni la sensibilité ni la technique théâtrale de Mademoiselle George et brille surtout dans les rôles d'orgueil et de froideur, comme celui d'Elizabeth dans Marie Stuart de Lebrun, en 1820, un de ses triomphes.
Elle est nommée sociétaire en 1823, ayant accepté de remplacer Mademoiselle Duchesnois souffrante. Elle rend de grands services à une époque où la tragédie classique a perdu de son prestige, avant le prodigieux rétablissement opéré par Rachel. Elle crée quelques rôles dans les tragédies néo-classiques et romantiques (la Junia de Caligula d'Alexandre Dumas) et quitte la scène en 1838, à la suite d'un accident. Sa représentation de retraite, au cours de laquelle elle joue Athalie pour la dernière fois, est un très grand succès. Elle meurt en 1843, laissant deux enfants, dont celui qui va devenir Prévost-Paradol, écrivain, académicien et ministre plénipotentiaire à Washington.