Louise-Adélaïde Berton-Maisonneuve
dite MLLE DOLIGNY

152e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1763 ; sociétaire en 1764 ; retraitée en 1783.

Filleule de Mademoiselle Gaussin, il semble qu'elle ait débuté tout enfant et fait une petite carrière en province avant d'entrer à la Comédie-Française, sur un ordre de début arraché à l'influence de Madame de Pompadour par l'auteur Voisenon qui l'avait remarquée. Conseillée par Molé, elle fait ses débuts officiels dans le rôle d'Angélique de La Gouvernante de Nivelle de La Chaussée et Zénéïde de Cahusac.

Mademoiselle Doligny est reçue dans l'emploi des « premières amoureuses » qu'elle remplit pendant vingt ans avec grâce et naturel. Elle contribue à l'évolution du costume en supprimant l'éventail et les gants blancs, qui caractérisaient les amoureuses, et en tirant le jeu vers plus de naturel.
Elle crée un très grand nombre d'héroïnes tendres et pures, comme la Victorine du Philosophe sans le savoir et l'Angélique de La Gageure imprévue de Sedaine, Eugénie dans le drame homonyme de Beaumarchais, Angélique du Bourru bienfaisant de Goldoni, Catau dans la Partie de chasse de Henri IV de Collé, Pauline des Deux Amis de Beaumarchais et la Rosine du Barbier de Séville. Beaumarchais lui destine le rôle de la Comtesse dans Le Mariage de Figaro, mais elle se retire en avril 1783, un an avant que soient levées les interdictions qui pèsent sur la comédie. Elle joue pour la dernière fois son rôle de Betty dans La Jeune Indienne de Chamfort. Elle a joué Junie de Britannicus, mais elle abandonne très vite la tragédie, se heurtant à l'opposition des partisans de Mademoiselle Hus. Sa Lisette du Glorieux de Destouches, était, dit-on, incomparable.

Elle se retire avant d'être trop âgée pour les rôles de son emploi et vit à l'écart, confirmant la réputation d'honnêteté, de vertu et de simplicité qu'elle a toujours réussi à sauvegarder en dépit des circonstances et de l'époque. Elle épouse en 1795 le marquis Dudoyer de Gastels, qui la laisse veuve trois ans plus tard. Remariée, elle vivra totalement à l'écart du milieu du théâtre, jusqu'en 1823.