Loges d’acteurs, musée imaginaire

Richelieu

Du 25 mai 2018 au 31 décembre 2019

Richelieu

Loges d’acteurs, musée imaginaire

2018-05-25 00:00:00 2019-12-31 00:00:00

LOGES D'ARTISTES

La Comédie-Française abrite une troupe permanente, une exception en France. Chaque comédien dispose d'une loge à la Salle Richelieu, individuelle pour les sociétaires, parfois partagée pour les pensionnaires. Les loges s'étagent au-dessus de la salle, certaines donnant sur la place Colette, d'autres sur les jardins du Palais-Royal et les colonnes de Buren. Attribuées par la chef habilleuse, suivant un ordre protocolaire et hiérarchique, elles voient se succéder les générations d’artistes. Dans la plupart des théâtres, la loge est un espace fonctionnel avant tout, à la neutralité d'une chambre d'hôtel, où l’on s’installe provisoirement. On y range ses costumes, son maquillage, parfois on y distille son univers fait de quelques souvenirs, de photographies, mais au dernier soir de représentation, on fait ses cartons pour laisser place à un autre. À la Comédie-Française, du fait de la sédentarité de la Troupe, les loges tiennent une place particulière, deviennent des espaces personnels, aménagés, qui reflètent la personnalité de leur occupant du moment.

Un espace privé, au sein de l’espace public
La loge laisse place à « l’intime » à l’intérieur d’un espace public – le théâtre – investi par une troupe de comédiens se donnant en représentation, tant sur scène que, parfois, dans leur vie privée. La loge se situe au carrefour de ces deux versants.

Un espace multifonction
Espace mouvant, la loge est à la fois studio de travail, lieu de repos, vestiaire de costumes, salon où l'on peut accueillir des visiteurs, galerie intime qui, par les objets accumulés, s'apparente à un musée personnel. Elle ménage la coexistence du symbolique et du très particulier en mêlant souvenirs personnels, objets fonctionnels (miroir, maquilleuses, paravents), effigies de figures tutélaires (notamment Molière), mobilier représentatif du temps, portraits de soi, de camarades et d'acteurs admirés.

Salle
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Représenter les loges
Pendant longtemps la loge est un espace tabou. Jusqu'au XIXe siècle, on portraiture le comédien en costumes, parfois en jeu, mais rarement dans un espace personnel. Avec la Révolution, les comédiens reçoivent le statut de citoyens qu'ils affichent sur leurs portraits en se faisant représenter en habit civil. La loge, lieu qui concilie l'activité artistique, la vie privée et l'exposition d'une personnalité, reste cependant un espace que l'on ne dévoile pas, d'autant que les écrivains en font alors dans leurs romans un lieu de fantasme, antichambre de l'ambition, de la célébrité et de la fréquentation des grands – chez Dumas notamment – ou des femmes légères – chez Balzac ou Zola. Pourtant, les vestiges de la loge de Louise Contat, visibles à travers les dessins de Charles de Wailly (1787) conservés aux Arts décoratifs montrent combien la décoration des loges pouvait être intéressante et recherchée.

À l'exception du portrait de Ligier dans sa loge, peint par Édouard Pingret en 1834, les premières représentations des Comédiens-Français dans leurs loges datent de la fin du XIXe siècle, avec une série de photographies. Si certains espaces sont caractérisés – la loge de Mounet-Sully – d'autres décors semblent avoir servi pour plusieurs personnalités. Ce qui prime est bien la représentation du comédien dans un espace secret, interdit au grand public, dans son intimité, fut-elle plus ou moins authentique. Un peu plus tard, des cartes postales sont commercialisées représentant les plus grands comédiens dans leurs loges, dont certaines, là encore, semblent des reconstitutions factices. Ce n'est qu'à partir des années 1950 que des campagnes de photographies fixent les loges en elles-mêmes, pour leurs décors. Au même moment, le peintre Pierre Roussel les saisit dans de nombreuses études préparatoires pour des tableaux qu'il conçoit comme des instantanés d'un espace sensible. Enfin, la dernière campagne de Stéphane Lavoué, photographe de la Troupe, donne à voir chaque loge comme le reflet de la personnalité de son occupant. Ses photographies sont actuellement exposées Salle Richelieu.

Informations pratiques

Exposition réalisée par la bibliothèque-musée de la Comédie-Française.

Location : 700 €HT/mois (envoi des 60 fichiers numériques .jpg)

Pour tout renseignement, s’adresser à Mélanie Petetin au 01 44 58 14 78 – melanie.petetin@comedie-francaise.org

Copyright à indiquer sous les reproductions : ©Coll. Comédie-Française

L’utilisation de ces images est strictement limitée à cette exposition. Toute autre utilisation nécessitera une autre demande auprès de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française.

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