Marie-Élisabeth
Joly

182e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1781 ; sociétaire en 1783.

Elle monte très jeune sur les planches, ses parents faisant de la figuration dans le corps de ballet de la Comédie : à 7 ans, elle joue Louison du Malade imaginaire et Joas d'Athalie. Elle étudie la danse et le chant à l'Opéra, entre en 1778 dans la troupe de la Montansier à Versailles et joue en Normandie.
Encouragée par Préville, elle débute à la Comédie-Française dans les rôles de Dorine (Tartuffe) et de Lisette (Le Tuteur, Dancourt). Elle est engagée pour les soubrettes du répertoire, où elle montre de la grâce, du naturel et de la gaieté. Sociétaire en 1783, la souplesse et la finesse de son talent lui permettent de passer des servantes de Molière à Agnès de L’École des femmes ou à Constance d'Inès de Castro d'Antonio Ferreira. Elle va même, en 1790, pour attirer à la Comédie un public qui s'en désintéresse, jusqu'à jouer Athalie, avec un grand succès.
Arrêtée en 1793, elle est relâchée quelques semaines plus tard sur l'intervention de Talma qui lui demande de jouer les soubrettes au théâtre de la République. En 1796, elle est dans la troupe de Mlle Raucourt au théâtre Louvois, puis à l'Odéon. Atteinte de phtisie,elle paraît pour la dernière fois à l'Odéon en janvier 1798 dans une pièce de Sainte-Foix, L'Oracle, qu'elle interprète en compagnie de deux de ses filles.

Sa mort, à 37 ans, en plein succès, prive le théâtre d'une des vedettes les plus aimées du public, et met fin à l'Association des comédiens français à l'Odéon, à nouveau déserté.
On peut voir encore aujourd'hui à Falaise, en Normandie, terre de son mari, son tombeau romantique, qui porte le nom de Mont-Joly.