Julie Bernat
dite MLLE JUDITH

274e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1846 ; sociétaire en 1852 ; retraitée en 1866.

Parente lointaine de Rachel, elle suit avec elle les cours de Saint-Aulaire et fait partie de la petite troupe d'enfants constituée par le père Félix, qui lui donne le nom biblique de Judith. Après les débuts triomphaux de Rachel, Judith paraît à son tour sur les Boulevards, aux Folies dramatiques puis aux Variétés, avant de débuter à la Comédie-Française en 1846, assistée, comme son illustre « cousine », des leçons de Samson. Elle est engagée pour les grands premiers rôles du répertoire comique et tragique, rivalisant parfois avec Rachel dans ce dernier domaine. Elle crée en 1847 Un caprice (rôle de Mathilde) et Louison de Musset. En 1848, elle s'oppose à Lockroy, administrateur du moment, provoque son départ, et crée avec éclat en 1850, Charlotte Corday, tragédie écrite par Ponsard pour Rachel qui refuse le rôle. Elle crée aussi Diane d’Émile Augier,Mademoiselle Aïssé de Paul Foucher, La Fiammina, de Mario Uchard, etc. Nommée sociétaire en 1852, elle jouit de la haute protection du prince-président Napoléon. Edouard Thierry, administrateur de la Comédie-Française à partir de 1859, apprécie peu la bouillante tragédienne et la distribue trop peu à son gré. Aussi apprend-elle l'anglais et prend-elle, en 1866, un congé pour jouer à Manchester, en anglais, une pièce écrite spécialement pour elle, et des drames de Shakespeare. Elle donne alors sa démission de la Comédie-Française, participe à des tournées ; elle est la première femme à affronter en travesti le rôle d'Hamlet, qu'elle joue en province puis à la Gaîté.
Comme son mari, l'écrivain Bernard-Derosne, elle écrit et publie notamment des traductions de l'anglais. Son Journal est une amusante chronique des mœurs du Second Empire.
Elle meurt en 1912, très âgée et un peu oubliée.