Joseph
Samson

241e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1826 ; sociétaire en 1827 ; retraité en 1863 ; doyen de 1842 à 1863.
Présenté par Michelot au Conservatoire, il est admis dans la classe de Lafon qui le convainc de ne plus songer à la tragédie.

Il obtient en 1812 un premier prix de Comédie et va exercer en province, avec sa jeune femme, sa condisciple du Conservatoire.
En 1819, Picard, formant la nouvelle troupe de l'Odéon, le fait venir de Rouen et lui fait jouer les valets du répertoire et créer de nombreuses pièces nouvelles.

Sociétaire du Second Théâtre-Français, membre du Comité de lecture, il est, en 1826, en même temps que Perrier et Joanny, réclamé par la Comédie-Française, avec la promesse du sociétariat l'année suivante.
Pendant ses premières années à la Comédie-Française, bien que peu favorable au drame romantique, il favorise l'entrée d'Alexandre Dumas au répertoire, mais reste dans l'ombre de Cartigny et surtout Monrose, ses chefs d'emploi. Il va même jusqu'à démissionner en 1830 pour le théâtre du Palais-Royal, mais perd le procès que lui intente la Comédie et revient au bercail huit mois plus tard. Il remporte en 1833 un brillant succès personnel dans Bertrand et Raton de Scribe, et désormais abordant les pères et les raisonneurs, se démarque de Monrose, même s'il lui arrive encore de jouer les valets. Sa sobriété exemplaire, son esprit, sa causticité rachètent le ton nasillard de sa voix et une certaine raideur naturelle. Il va créer de très nombreux rôles, parmi lesquels on peut citer Joyeuse (Henri III et sa cour, Alexandre Dumas), Clément Marot (Le roi s'amuse, Hugo), le Marquis (Mademoiselle de la Seiglière, Sandeau), le duc de Bouillon (Adrienne Lecouvreur, Scribe et Legouvé), le Marquis d'Auberive (Les Effrontés et Le Fils de Giboyer, Emile Augier). Il se montre aussi un remarquable Quexada dans Don Juan d'Autriche de Casimir Delavigne.
Dès 1828, il est professeur suppléant au Conservatoire. On sait quelles qualités il déploie dans ces fonctions, et l'un de ses plus beaux titres de gloire est d'avoir formé, non seulement Rachel mais encore une pléiade de comédiens de grande classe : Berton, Mlles Plessy, Allan, Brohan, Guyon, Denain, Nathalie, Dubois, Jouassain, etc.

En 1855, il joint à ses cours d'art dramatique une chaire d'histoire et de littérature. C'est d'ailleurs au titre de professeur qu'il est décoré, en 1864, de la Légion d'honneur.

Après la mort de Monrose, devenu doyen de la Comédie-Française, il y exerce une influence considérable. Fondateur en 1840 de la Société des Artistes dramatiques, il est aussi l'auteur de plusieurs comédies dont certaines sont jouées à l'Odéon et à la Comédie, il publie un Art théâtral et prononce les discours officiels au nom de la Société.

En 1853, il a droit à une représentation de retraite au cours de laquelle Rachel et Mlle Plessy se produisent, mais il ne quitte la Comédie qu'en 1863. Il fait alors des conférences publiques et fait éditer ses Mémoires. Il disparaît en 1871.

Neuf ans plus tard, un monument lui est solennellement inauguré au cimetière Montmartre où il est inhumé.