Sylvanie Arnould-Plessy
dite MLLE PLESSY

256e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1834 ; sociétaire en 1836 ; retraitée en 1845 ; pensionnaire de 1855 à 1876.

Fille d'un obscur comédien de province, dès l'âge de treize ans elle prend les leçons de Michelet au Conservatoire et surtout de Samson qui en fait, avant Rachel, son élève favorite.
Elle débute en 1834 à la Comédie-Française dans La Fille d'honneur d'Alexandre Duval. Son talent est tout de suite salué par la faveur du public, qui lui fait une immense réputation. Fait assez exceptionnel, elle est nommée sociétaire en 1836, à seize ans. Elle joue tous les premiers rôles féminins du répertoire (amoureuses et grandes coquettes), de Molière à Marivaux et Beaumarchais, et des créations nouvelles où dominent les noms de Casimir Delavigne, Eugène Scribe et Alexandre Dumas. En 1845, elle disparaît subitement et l'on apprend qu'elle a quitté Paris pour le Théâtre Michel de Saint-Pétersbourg, qui lui a fait des offres avantageuses, en compagnie de son mari, le littérateur Arnould, dont elle a créé une pièce quelques mois auparavant. La Comédie-Française lui intente un procès retentissant qui lui vaut une lourde amende. Pendant ce temps, elle triomphe en Russie. En 1853, elle revient participer à la soirée d'adieux de son professeur Samson et est acclamée dans Araminte des Fausses confidences. L'année suivante, veuve et réconciliée avec la Comédie-Française, elle reparaît dans Elmire de Tartuffe, en qualité de pensionnaire, titre qu'elle va garder pendant les vingt-et-une années de carrière qui lui restent à accomplir.

Adorée du public, elle ose même reprendre deux grands rôles titres créés par Rachel : Adrienne Lecouvreur de Scribe et Lady Tartuffe de Madame de Girardin. Elle crée les grandes pièces d’Émile Augier et des frères Goncourt, réussit moins dans Chatterton. Elle est considérée, à son époque, comme l'interprète idéale de Marivaux, dans la tradition un peu maniérée héritée de Mademoiselle Mars, qui correspond à l'idée que le XIXe siècle, qui inventa le mot marivaudage, se faisait de Marivaux.

Elle se retire en 1876, après une très belle représentation de retraite, au grand regret de George Sand qui souhaitait lui voir jouer son Marquis de Villemer. La pièce finalement n'entrera au répertoire de la Comédie-Française qu'un an après la retraite de Mademoiselle Plessy et la mort de l'auteur.