Blanche Alziari de Roquefort
dite MLLE SAINT-VAL CADETTE

170e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1772 ; sociétaire en 1776 ; retraitée en 1792.

Après Rouen et Lyon, elle débute à la Comédie-Française en 1772 dans Alzire de Voltaire, Inès de Castro de La Motte, et Zaïre de Voltaire. Petite, mais plus jolie que sa sœur aînée, elle sait tirer parti de ses bras harmonieux, de sa voix flexible et de son visage expressif. Après quelques succès, l'arrivée de Mlle Raucourt lui fait subir une éclipse, au cours de laquelle elle se retire au couvent, puis va jouer à Lyon, ville de ses premiers succès. Lorsqu'elle revient en 1776, Mlle Raucourt a quitté Paris ; elle est grandes princesses de tragédie. Lorsque, en 1779, sa sœur est chassée de la Comédie, les manifestations de sympathie du public à son égard la déterminent à rester, mais elle subit à son tour les vexations de Mme Vestris qui cherche à la déposséder de ses rôles. Elle crée peu de rôles nouveaux, fait de fructueuses tournées à Lyon et a le privilège de créer un des plus jolis rôles du répertoire, celui de la Comtesse du Mariage de Figaro de Beaumarchais, en 1784. En 1792, devant la tournure que prennent les événements, elle préfère se retirer. Après Thermidor, on l'applaudit à Paris chez la Montansier où elle retrouve sa sœur aînée, et se réconcilie avec elle. En 1804, elle entreprend une tournée en Russie.

On la reverra une dernière fois sur scène en 1817, au cours d'une représentation à son bénéfice au Théâtre italien, salle Favart. Elle y interprète, avec encore assez de pathétique pour ses 65 ans, Iphigénie en Tauride de Guimond de la Touche. Définitivement retirée dans le Midi, elle consacre la fin de sa vie aux bonnes œuvres.