Pauline Alziari de Roquefort
dite MLLE SAINT-VAL AÎNÉE

157e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1766 ; sociétaire en 1767 ; retraitée en 1779.

De bonne famille, mais sans fortune, elle débute en 1762 au Grand Théâtre de Lyon, puis à la Comédie-Française en 1766 dans le rôle-titre d'Ariane de Thomas Corneille. Bien que de taille médiocre et plutôt laide, elle réussit à émouvoir le public, en quête d'une remplaçante pour Mademoiselle Clairon, alors sur le départ. Elle excelle dans le grand pathétique et, dans les rôles de Phèdre, Mérope, Clytemnestre, Didon et Hermione, montre chaleur et sensibilité. Une santé délicate la force à des absences répétées dont profite sa rivale, protégée du duc de Duras et du ministre Choiseul, la belle Madame Vestris qui s'empare de tous les beaux rôles de l'emploi des reines que les deux tragédiennes ont en partage. Mademoiselle Saint-Val tente de se défendre, un libelle paraît sous son nom. Le parterre prend parti pour elle, mais les Comédiens s'inclinent devant l'autorité souveraine et « punissent » Mademoiselle Saint-Val en l'excluant de la troupe et en la faisant exiler de Paris pour dix ans.

Elle consacre ces dix années à des tournées triomphales en province, en Suisse et en Belgique, tandis qu'à la Comédie on ne joue plus la tragédie que sous la protection d'une garde renforcée, tant le public gronde.
De retour à Paris en 1791, Mademoiselle Saint-Val se produit jusqu'en 1794 avec la Montansier au théâtre construit à l'extrémité du Palais-Royal, y retrouve sa sœur cadette et refuse de réintégrer la troupe en 1799. Si elle a joué tous les rôles classiques de son emploi, elle n'a créé que onze rôles nouveaux dans des tragédies tombées dans l'oubli.

Elle meurt en 1830, à plus de 86 ans, après avoir formé un élève qui lui fait honneur : Joanny.