Claire Josèphe Hippolyte Léris de La Tude
dite MLLE CLAIRON

127e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1743 ; sociétaire en 1743 : retraitée en 1766.

C'est en observant de sa fenêtre la célèbre Mlle Dangeville, que la jeune Hippolyte Clairon se sent une vocation impérieuse pour le théâtre. Sans instruction, après une enfance médiocre, elle étudie le chant, la danse et la comédie, et débute, à treize ans, à la Comédie Italienne. Elle atteint son but - entrer à la Comédie-Française - en 1743, et débute dans les rôles - opposés - de Phèdre et de Dorine, montrant ainsi les diverses facettes de son talent.
Son interprétation est travaillée : chez elle, l'intelligence maîtrise entièrement la passion, qu'elle donne à l'inverse de sa rivale, Mlle Dumesnil dont le jeu est dominé par l'instinct.
Mlle Clairon s'impose dans la tragédie et crée de nombreuses pièces de Voltaire, qui la soutient dans ses revendications. En effet, son influence est déterminante dans l'évolution du jeu tragique vers un plus grand naturel, et dans la réforme du costume. Elle supprime paniers, traînes et panaches jusqu'alors de rigueur, et ose jouer L'Orphelin de la Chine en costume « chinois ». Elle lutte pour que soient reconnus aux comédiens les droits civils et religieux que l'Etat comme l'Eglise leur refusent encore, et se retire en 1766 après un affrontement avec les autorités au sujet du comédien Dubois, compromis pour indélicatesse.

Elle crée une école où seront formés Larive et Mlle Raucourt, joue chez le roi et chez Voltaire, s'installe à la cour du margrave d'Anspach où elle reste 17 ans. Ses dernières années, à Paris, pendant et après la Révolution, sont difficiles. Elle publie des Mémoires, et des Réflexions sur l'art dramatique qui, si elles sont sans indulgence pour ses camarades, nous apprennent beaucoup sur sa façon de concevoir et de travailler ses rôles.