Étienne Meynier
dit SAINT-FAL

184e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1782 ; sociétaire en 1784 ; retraité en 1824 ; doyen de 1818 à 1824.

D'une famille modeste, il débute en amateur puis s'enrôle dans la troupe de la Montansier, qui l'emmène en province et à l'étranger. Saint-Fal fait ses débuts à la Comédie-Française, en 1782, dans le rôle de Gaston (Gaston et Bayard du Belloy) et est admis pour doubler Fleury et Molé dans les premiers et seconds rôles comiques et tragiques. Sociétaire en 1784, il se signale par son inusable bonne volonté, son travail intensif et sa disponibilité dans les deux genres, partout où on veut bien le distribuer.
En 1793, il subit avec la troupe la captivité révolutionnaire et rejoint en 1796 Mademoiselle Raucourt au théâtre Louvois, où il est, malgré un physique plutôt ingrat, chef de l'emploi des jeunes premiers. Il est à l'Odéon, en 1797, et se taille un énorme succès personnel dans le rôle de Meinau de Misanthropie et repentir de Kotzebue, au succès duquel l'incendie de l'Odéon vient mettre fin. Il se retrouve, en 1799, dans la troupe réunie et ne joue pratiquement plus, à partir de 1804, que la comédie. On le surnomme « le bonhomme Saint-Fal » tant pour désigner les rôles débonnaires de comédie où il fait merveille (il n'a pas établi moins de 90 rôles au cours de sa carrière) qu'en raison de sa bonté naturelle.
Doyen de la Comédie, il joue les pères nobles avant de se retirer, trois ans après une très belle représentation de retraite au cours de laquelle Talma interpréta pour la première fois Sylla de Jouy.