Jean-Amable Foucault
dit SAINT-PRIX

183e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1782 ; sociétaire en 1784 ; retraité en 1818.

Il abandonne des études d'architecture pour se consacrer entièrement au théâtre, qu'il pratique déjà en amateur, et entre dans la troupe de la Montansier, à Versailles. Il débute à la Comédie-Française en 1782 dans le rôle-titre de Tancrède (Voltaire). Sociétaire en 1784, il se borne souvent à doubler Larive, avant le départ de ce dernier (1788). Il peut alors faire éclater ses dons personnels : physique athlétique et voix tonnante.
Parmi ses grandes interprétations, il faut citer le Cimbre de Marius à Minturnes (Arnault, 1791), Caïn dans La Mort d'Abel (Gabriel Legouvé, 1792), sans oublier le Cardinal de Lorraine dans le célèbre Charles IX de Marie-Joseph Chénier. En 1793, il est emprisonné avec les autres Comédiens français. Relâché après onze mois de captivité, il exerce un temps le métier de marchand de bois avant de rejoindre ses camarades au théâtre Feydeau, puis Mademoiselle Raucourt salle Louvois et à l'Odéon. En 1799, le Premier Consul exige que « Caïn » soit au nombre des sociétaires réunis. Il est alors en possession de l'emploi des rois, dont il possède les qualités physiques et vocales. Il joue le répertoire classique (Horace, Thésée, Mithridate, Mahomet...), mais crée aussi de nombreux rôles. Après Macbeth de Ducis, en 1790, et Rienzi de Laignelot, en 1791, il est Jacques Molay dans Les Templiers de Raynouard, en 1805, Duguesclin dans La Mort de Duguesclin de Dorvo, en 1807, Pison dans Germanicus d'Arnault, en 1817, en compagnie de Talma.

Saint-Prix se retire en 1818, mais reste professeur au Conservatoire, où il a été nommé en 1810, jusqu'en 1828. Pour l'anecdote, il avait épousé la veuve du chimiste Maille, fabricant de la célèbre moutarde...