Barthélémy
La Rochelle

193e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1782 ; sociétaire en 1787.

Il est à Versailles, dans la troupe de la Montansier, lorsque le départ d'Augé à la retraite le fait appeler à la Comédie pour l'emploi des valets. Il débute dans L'Andrienne de Baron, et Crispin rival de son maître de Lesage. Il joue Gros-René du Dépit amoureux, l'Intimé des Plaideurs et divers Crispin et Frontin de l'ancien répertoire.

La troupe comique compte alors Préville, Dugazon et Dazincourt, ce qui explique qu'il faudra cinq ans pour que La Rochelle soit admis dans la société. Vif, expressif, agile, il joue à merveille les fripons, les valets insolents et les rôles à accent. Son aplomb et son esprit d'à-propos pallient l'infidélité de sa mémoire. Il n'a pas son pareil dans la mimique. Outre les rôles de « petite livrée » du répertoire, il crée une quarantaine de rôles nouveaux en 24 années de carrière, dans Le Vieux Célibataire de Collin d'Harleville, auteur dont il reprend avec bonheur, avec un accent gascon parfaitement imité, Monsieur de Crac dans son petit castel, dans L'Ami des lois de Laya (rôle de Duricrâne), Milord Spleen dans Le Conteur de Picard, où il prend l'accent anglais...

Arrêté en 1793, il est très rapidement remis en liberté, joue au théâtre Feydeau, salle Louvois, à Feydeau de nouveau, avant de se retrouver avec ses camarades lors de la reconstitution de 1799.

Il fait cette année-là une création remarquée de Monsieur Raffle dans Les Deux Frères de Weiss, Patrat et Jauffret. Il meurt subitement en 1807.