Jean-Baptiste
Fauchard de Grandmesnil

199e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1790 ; sociétaire en 1792 ; retraité en 1811.

Est-ce parce que sa mère était la sœur de l'acteur Duchemin père, que cet avocat au Parlement de Paris, conseiller de l'Amirauté, se tourna vers le théâtre ? Nous savons qu'il fit partie, de 1765 à 1768, du Conseil juridique de la Comédie-Française. Toujours est-il que, en 1772/1773, ayant quitté le barreau, on le retrouve à Bruxelles dans l'emploi des « grandes livrées », aux côtés de Larive, Dazincourt et Florence. Après Bruxelles, il est à Marseille, à Bordeaux, où il aborde les « rôles à manteau ».

De 1780 à 1790, il semble avoir abandonné les planches, qu'il retrouve en 1790, la Révolution l'ayant sans doute privé de ses moyens d'existence. Il débute à la Comédie-Française dans le rôle d’Arnolphe de L’École des femmes. Il joue Francaleu de la Métromanie de Piron, Orgon de Tartuffe et Sganarelle de l’École des maris. Sociétaire en 1792, il rejoint au Théâtre de la République les tenants des idées révolutionnaires et se trouve, à la reconstitution de la troupe en 1799, chef d'emploi des « manteaux » et financiers.
Il joue surtout le répertoire de Molière, est un incomparable Harpagon, avec sa haute taille, sa maigreur et son sens des mimiques. Il crée aussi bon nombre de rôles modernes, parmi lesquels le Comte dans Misanthropie et repentir de Kotzebue, grand succès de l'année 1798.

Membre de l'Institut en 1796, il se retire en 1811, après avoir joué une dernière fois Le Malade imaginaire. Il meurt en 1816.