Claudine-Placide Croizet-Ferreire
dite MLLE VOLNAIS

214e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1801 ; sociétaire en 1802 ; retraitée en 1822.

Dazincourt, son professeur, la présente en 1800 à Joseph Bonaparte, alors ministre de l'Intérieur, et lui obtient un ordre de début. Après Zaïre à Versailles, elle joue Junie (Britannicus) à Paris. Bien que jugée un peu jeune, elle continue pendant six mois des débuts accueillis favorablement.

Elle se trouve confrontée à Mlle Bourgoin, dont la beauté plus voluptueuse fait impression sur le public, friand de ces sortes de rivalités. Mlle Bourgoin commet l'erreur de supplanter un jour Mlle Volnais, de force, au lever de rideau, dans le rôle d'Aricie (Phèdre) à Versailles. Le scandale hâte l'accession au sociétariat de Mlle Volnais. Une autre rivale se présente à elle sous les traits de Mlle Leverd, dans les rôles de jeunes mères qu'une silhouette prématurément épaissie lui fait aborder assez tôt. Les autorités interviennent pour fixer officiellement l'emploi des trois comédiennes – qui ont par ailleurs à subir la suprématie de Mlle Mars – et concéder à Mlle Volnais l'emploi en second des grandes princesses, après Mlle Duchesnois.

Malgré vingt-huit créations et un succès incontesté dans des rôles comme Andromaque ou la Comtesse du Mariage de Figaro, elle ne cache pas sa déception et attend d'avoir accompli ses vingt années réglementaires pour se retirer, en 1822.

Elle épouse ensuite Philippe (Roustan), acteur du Vaudeville, et créateur du personnage populaire de Jovial.