Augustin-Gervais Lechauve
dit DE VIGNY

223e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1790 ; départ en 1791 ; retour en 1808 ; sociétaire en 1811 ; retraité en 1829.
La Révolution met fin à sa carrière d'employé à la comptabilité dans les bureaux de son oncle maternel, fermier général. Il débute alors à la Comédie-Française, en 1790, dans le rôle de Dorante du Menteur de Pierre Corneille.
Il joue aussi Valère de L’École des maris (Molière), Almaviva du Barbier de Séville, etc. En 1791, il passe au Théâtre Feydeau, puis au Théâtre de la République où il s'associe à Talma, Dugazon, Grandmesnil et autres dissidents. Il tient alors l'emploi des amoureux. Il rejoint ensuite les anciens de la Comédie-Française qui, sous la direction de Mlle Raucourt, jouent rue de Louvois, puis à l'Odéon. Après l'incendie de l'Odéon, en 1799, il reste dans la troupe de Picard et le suit dans ses pérégrinations de salle en salle. Il est le bras droit du directeur-acteur et l'une des vedettes de sa troupe. Lorsque Picard est nommé à la direction de l'Opéra, De Vigny fait de nouveaux débuts à la Comédie-Française où, vu son âge et l'évolution de sa silhouette, il est désigné pour l'emploi des « financiers, grimes et manteaux », rôles qu'il partage avec Baptiste cadet. Parmi ses succès personnels, on peut citer Lisimon du Glorieux de Destouches, Francaleu de La Métromanie de Piron, Monsieur Rémi des Fausses Confidences de Marivaux, Orgon de Tartuffe...
Son jeu, bien que très honnête, manquait sans doute de force et d'originalité et sa diction n'était pas toujours claire, mais ses qualités de comptable rendirent d'énormes services à la Société, lorsque, nommé sociétaire (1811) puis membre du Comité, il prit en mains les affaires financières de la maison. En remerciement, on lui tint pour acquises en vue de sa pension les années qu'il avait passées dans les diverses troupes entre 1791 et 1799. Il se retire en 1829 et meurt un an plus tard.