Jean-Adolphe Granet
dit MENJAUD

239e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1819 ; sociétaire en 1825 ; retraité en 1842.

Petit-fils du conventionnel Granet, qui sauva de la démolition certains monuments de Marseille, il parvient à se faire admettre dans la classe de Talma au Conservatoire, dont il sort en 1813 avec un deuxième prix de Tragédie.

Après un premier début à l'Odéon, il est engagé au théâtre de Bordeaux (1817/1818) où il a l'occasion de jouer avec Talma et Mademoiselle Mars en représentation. Leur influence le fait engager à la Comédie-Française, sans débuts, en 1819, pour les seconds et troisièmes amoureux de la tragédie et de la comédie.
Il étudie pendant six mois le chant en Italie. Revenu à la comédie, il reprend, après la retraite d'Armand, les rôles de jeunes premiers classiques : Dorante du Menteur (P. Corneille), les Dorante de Marivaux, le Marquis de Turcaret, Don Juan du Festin de Pierre et tous les jeunes premiers de Molière.
Sociétaire en 1825, il représente parfaitement l'homme de cour du XVIIIe siècle, dans la lignée de Fleury, et porte avec élégance l'habit à la française. Il abandonne assez tôt les rôles de tragédie de ses débuts (les Oreste et les Britannicus) pour ne plus jouer que son emploi de comédie, dont le triomphe sera, en 1841, la création de Bolingbroke dans Le Verre d'eau de Scribe. Ses interprétations du Misanthrope et de Tartuffe, bien qu'honorables, sont moins convaincantes. De 1819 à 1841, il est à l'origine de soixante-huit créations, parmi lesquelles Don Sanche d'Hernani, Léon du Mari de la veuve (Dumas, Durieu et Bourgeois), Belton de Clarisse Harlowe (Dinaux), Buckingham dans Les Enfants d’Édouard de Delavigne, De Varennes dans La Camaraderie et Saint-Géran dans Une chaîne de Scribe...

Il se retire en 1842. Il mourra en 1864, à Tours. Il avait épousé une comédienne, qui fut aussi pensionnaire à la Comédie-Française sous le nom de Madame Menjaud.