Marie-Jeanne
Gautier

79e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1716 ; sociétaire en 1716 ; retraitée en 1723.

C'est une singulière destinée que celle de cette actrice qui, très jeune, livrée à elle-même, prend des cours auprès de Baron, obtient de puissantes protections et débute à la Comédie-Française en 1716, reçue dans l'emploi des grandes princesses et des reines-mères.

Grande, douée d'une force peu commune, Marie-Jeanne Gautier s'impose dans les rôles violents comme celui de Camille (Horace de Corneille). Très entourée, cultivant les arts, dont ceux de la poésie et de la miniature, elle succède en 1722 à Madame Desbrosses et à Madame Champvallon dans l'emploi des « caractères », joue Madame Patin du Chevalier à la mode de Dancourt, Madame Jobin de La Devineresse de Thomas Corneille et Donneau de Visé.

Déçue dans sa passion pour le beau Quinault-Dufresne, qui lui préfère Mademoiselle De Seine, elle décide de renoncer au monde et, touchée par la grâce, quitte le théâtre en 1723.
Elle est admise en 1725 chez les carmélites de Lyon où elle restera plus de trente ans, sous le nom de sœur Augustine de la Miséricorde, correspondant avec la reine Marie Leczinska, écrivant des poésies pieuses et faisant profiter les œuvres charitables du couvent, de la pension de mille livres qui lui est versée par la Comédie.