Marie-Magdeleine Chevalier-Perrin
dite MME THENARD

180e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1777 ; sociétaire en 1781 ; retraitée en 1819.

Surnommée « la grande », Marie-Magdeleine-Claudine Chevalier-Perrin fut à l'origine d'une véritable dynastie de comédiens et de chanteurs, fils, filles, brus... et leurs descendants, dont la dernière, son arrière-petite-fille, Jenny Thénard, qui fut pensionnaire à la Comédie-Française, a laissé d'intéressants souvenirs.

Préville la découvre à Marseille, où elle chante l'Opéra-comique. Il la fait débuter à la Comédie-Française, en 1777, dans le rôle d'Idamé de L'Orphelin de la Chine (Voltaire). Elle joue encore pendant quelques années en province avant d'être reçue pour doubler Madame Vestris et Mademoiselle Saint-Val dans les premiers rôles tragiques et les amoureuses. Belle et intelligente, bien que moins douée que les deux tragédiennes rivales, elle profite de leur querelle et crée entre autres des rôles importants dans Manco Capac de Le Blanc, Cléopâtre de Marmontel et La Mort d'Abel de Legouvé.
Mariée en 1782 avec son camarade Grammont, qui la rendit très malheureuse, Madame Thenard subit avec les autres comédiens l'incarcération de 1793 ; après Thermidor, elle se produit aux théâtres Égalité, Feydeau et Louvois. À la réunification, elle reprend les rôles de Madame Suin, grandes confidentes et mères nobles ; puis de Mademoiselle Lachassaigné, les duègnes, où elle remporte quelques succès dans des comédies d'Andrieux, Picard, Planard...
Elle fait partie de la tournée de Dresde, en 1813, et se retire en 1819.

Devenue aveugle vers 1832, elle vécut encore dix-sept années, respectée par les jeunes générations de comédiens : Rachel lui fit faire des cartes en relief, afin de lui permettre de jouer au loto.